Fidèle à sa mission de promouvoir le lien entre l’Orient et l’Occident à travers l’art, le prix de la Fondation Boghossian International récompense des artistes dont le travail participe à une meilleure compréhension mutuelle entre les cultures.
Prix International de la Fondation Boghossian
Lauréate 2025
En 2025, le Prix a mis à l’honneur le Design et l’Artisanat, deux pratiques situées au croisement de la création contemporaine et des savoir-faire ancestraux. Il a été décerné à l’artiste coréenne Hyejeong Ko.
Ancré dans la sensibilité poétique des esthétiques asiatiques, le travail de Hyejeong Ko explore la transformation de l’argent sterling – matériau profondément lié aux traditions artisanales orientales comme aux arts décoratifs occidentaux – en objets porteurs d’un équilibre intemporel et d’un raffinement contemporain.
Hyejeong Ko est née et a grandi sur l’île volcanique de Jeju (Corée), où le vent, la pierre, la mer et la lumière se mêlent pour créer des paysages en constante transformation. Inspirée par des formes organiques telles que les pissenlits, les galets ou l’eau en mouvement, chaque création saisit un instant fugace de la nature pour lui donner une présence tangible et durable. Le métal, souvent perçu comme froid et rigide, devient sous les mains de l’artiste une matière organique et chaleureuse.
L’argent la fascine, particulièrement par ses subtiles variations de tonalité à la lumière, évoquant les dégradés d’encre de la peinture asiatique. À cette matière centrale s’ajoutent le laiton, la nacre et le bois, qui enrichissent son langage plastique et approfondissent le dialogue entre nature et savoir-faire artisanal.
Le jury du Prix international de la Fondation Boghossian salue la force des liens entre le design, la joaillerie, la nacre, l’artisanat et l’architecture, ainsi que la maîtrise technique et la précision de la pratique de l’artiste.
Présidé par Ralph Boghossian, le jury a réuni des acteurs majeurs de la scène internationale du design et des arts visuels :
Bernard Coulie (docteur en philologie et histoire orientale et ancien recteur de l’UCL, commissaire d’expositions), Julia Garimorth (conservatrice en chef du Musée d’art Moderne de la ville de Paris), Lina Ghotmeh (architecte), Pascale Mussard (fondatrice de Petit h, Présidente de la Villa Noailles), Alfred Pacquement (commissaire d’expositions), Louma Salamé (directrice de la Fondation Boghossian – Villa Empain), Cathy Van Keer – Boghossian, Présidente du Conseil d’Administration.
Prix Résidence
Le jury du Prix international 2025 a souhaité récompenser la jeune artiste palestinienne Jessica Azizeh, saluant la qualité de son travail, l’originalité de sa démarche et la maîtrise technique déployée dans sa recherche. Si sa pratique s’ancre principalement dans la céramique, elle s’étend également à d’autres matériaux, nourrie par une exploration des formes et des savoir-faire issus de la culture matérielle palestinienne. À ce titre, elle se voit attribuer un séjour à la résidence d’artistes de la Fondation Boghossian.
Lauréats 2024
Le Prix International de la Fondation Boghossian 2024 a été décerné à Kate Crawford et Vladan Joler, Kim Mupangilaï et Joy Harvey, dans les disciplines des arts visuels, du design et de la joaillerie.
Le Prix inclut une dotation de 12.000 euros, une exposition des œuvres à la Fondation Boghossian et une invitation pour un séjour d’un mois à la Résidence d’artistes de la Villa Empain.
Le jury présidé par Albert Boghossian a réuni des acteurs majeurs
de la scène artistique internationale :
Daniel Blanga Gubbay (Directeur du Kunstenfestivaldesarts),
Bernard Coulie (docteur en philologie et histoire orientale et ancien
recteur de l’UCL), Chris Dercon (Directeur de la Fondation Cartier),
Julia Garimorth (Conservatrice en chef du Musée d’art Moderne de la ville
de Paris), Jean-Noël Jeanneney (historien), Alfred Pacquement
(Commissaire d’expositions), Louma Salamé (Directrice de la Fondation
Boghossian – Villa Empain).
Arts visuels
Kate Crawford et Vladan Joler
Kate Crawford (1974) et Vladan Joler (1977) explorent les impacts cachés de l’intelligence artificielle à travers leur art. Leur travail s’intéresse aux réseaux mondiaux de travail, de ressources et de contrôle qui alimentent les technologies modernes. Des projets notables comme Anatomy of an AI System et Calculating Empires révèlent les coûts sociaux, environnementaux et économiques de l’IA, incitant à un dialogue critique sur le rôle de la technologie dans la formation des dynamiques de pouvoir mondiales. Leurs installations percutantes ont été présentées dans de nombreuses expositions comme au MoMA, au musée V&A et dans bien d’autres célèbres institutions.
Design et artisanat
Kim Mupangilaï
Kim Mupangilaï (1989) est une designer belgo-congolaise basée à New York, qui fusionne son double héritage pour créer des designs innovants et culturellement riches. Diplômée en design graphique et en architecture d’intérieur de la LUCA School of Arts/KU Leuven en Belgique, son travail explore l’intersection entre l’art congolais et l’Art Nouveau belge, dans le but d’approfondir la compréhension des récits culturels. Reconnue internationalement, elle a exposé lors d’événements prestigieux et collabore avec des institutions pour remettre en question l’éducation traditionnelle au design, en mettant l’accent sur l’inclusivité et la reconnaissance des influences africaines. Ses créations allient harmonieusement une esthétique saisissante et une fonctionnalité réfléchie, incarnant un dialogue entre tradition et modernité.
Joaillerie
Joy Harvey
Joy Harvey (1993) est une artiste joaillière italienne qui allie rigueur scientifique et artisanat traditionnel. Titulaire d’un diplôme en chimie pure, elle a fondé le studio de bijoux La Luce, mêlant l’orfèvrerie florentine, les techniques arméniennes et l’innovation numérique. Le travail de Harvey explore des thèmes tels que l’imperfection, le vieillissement et les perceptions sociétales de la beauté, remettant en question les idéaux conventionnels. Ses pièces, présentées dans des expositions prestigieuses telles que le PMA Craft Show 2024 et le Prix LVMH Maestri d’Eccellenza, sont uniques en leur genre et suscitent une réflexion émotionnelle sur la nature évolutive de la beauté.