La Fondation Boghossian est temporairement fermée et rouvre ses portes le 22 octobre avec l’exposition Soleil Noir. A bientôt!

La Fondation Boghossian présente Shape of absence, une exposition initiée sur l’invitation de Louma Salamé, qui rend compte de la tragédie patrimoniale en cours en Syrie depuis 2011. Le parcours s’articule autour de l’installation monumentale de Hrair Sarkissian Stolen Past, en dialogue avec les images immersives d’Iconem du site de Palmyre. Une réflexion sensible sur la disparition, la mémoire et la résilience.

 

Berceau millénaire de civilisations et carrefour culturel majeur, la Syrie voit depuis 2011 son patrimoine gravement menacé et exploité par la guerre, entre destructions, pillages et trafic d’antiquités. L’exposition s’attache à rendre compte de la tragédie en cours et met en lumière la nécessité de documenter les sites face à la perte de millions d’objets archéologiques.

Stolen past, la saisissante installation de Hrair Sarkissian, s’inscrit pleinement dans cette recherche. Formé dès son plus jeune âge dans le studio photographique de son père à Damas, l’artiste est aujourd’hui reconnu comme l’un des photographes conceptuels majeurs de sa génération. Sa pratique, profondément ancrée dans l’histoire et la mémoire, trouve ici une résonance particulière.

L’œuvre monumentale présente 48 lithophanies disposées telles des stèles funéraires, instaurant une atmosphère de recueillement. Illuminées, elles laissent apparaître des images proches de la photographie en noir et blanc, représentant des artefacts disparus du musée de Raqqa, en Syrie. L’institution fondée en 1981 était autrefois riche de 8.000 objets couvrant une vaste période historique. Entre 2013 et 2017, l’État islamique a pris le contrôle de la ville et a entièrement pillé ses musées et leurs collections. Des milliers de pièces inestimables, seules 880 subsistent aujourd’hui.

En réactivant une technique du milieu du XIXe siècle, l’artiste documente ces vestiges absents au moyen de lithophanies imprimées en trois dimensions sur de fines plaques translucides. Le projet met en lumière la manière dont l’absence peut être rendue visible, et interroge, plus largement, les formes de mémoire propres aux communautés marquées par la violence.

En écho, les images immersives présentées dans l’exposition sont issues des technologies de numérisation et de reconstruction 3D d’Iconem et révèlent le site de Palmyre en Syrie fragilisé par le temps et les conflits. Entre vestiges monumentaux, détails sculptés et étendues silencieuses, le visiteur est invité à contempler ce qui demeure autant que ce qui manque. L’absence devient ici une forme visible : celle des traces, des ruines et des fragments qui continuent de raconter une histoire.

À la croisée de l’art, de la mémoire et de l’innovation, Shape of absence interroge notre lien au patrimoine disparu et la capacité des images à préserver ce qui semblait perdu.

Hrair Sarkissian
Stolen Past, 2025
Installation composée de 48 objets archéologiques disparus du Musée de Raqqa en Syrie, imprimés en 3D sur du Lithophane, une plaque en acide polylactique fabriquée à partir d’amidon de maïs et de canne à sucre

Iconem
Site archéologique de Palmyre en Syrie, 2018
Toronto Aga Khan Museum
Captures d’écran de la vidéo présentant l’arc monumental, le temple de Baalshamin, le temple de Bel

Commissaire Louma Salamé

Hrair Sarkissian
Stolen Past, 2025
Installation composée de 48 objets archéologiques disparus du Musée de Raqqa en Syrie, imprimés en 3D sur du Lithophane, une plaque en acide polylactique fabriquée à partir d’amidon de maïs et de canne à sucre

Iconem
Site archéologique de Palmyre en Syrie, 2018
Toronto Aga Khan Museum
Captures d’écran de la vidéo présentant l’arc monumental, le temple de Baalshamin, le temple de Bel

Commissaire Louma Salamé
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