La Fondation Boghossian – Villa Empain est exceptionnellement fermée le jeudi 20 juin. Nous vous remercions de votre compréhension et nous réjouissons de vous accueillir dès le vendredi 21 juin et jusqu’au 8 septembre pour la visite de l’exposition Josef et Anni Albers.

La représentation du monde est aujourd’hui comme hier une nécessité pratique et scientifique afin d’appréhender notre géographie, proche ou lointaine, et une source de rêverie invitant aux voyages et au merveilleux. Complétée par une sélection de cartes anciennes ou de références littéraires, l’exposition conçue par Alfred Pacquement rassemblait une trentaine d’artistes contemporains issus du monde entier.

Les premiers explorateurs découvraient des mondes inconnus et en permettaient ainsi la traduction imagée. La cartographie reste toujours à compléter, à préciser selon les informations rassemblées mais aussi en fonction du sens que l’on veut lui donner. La carte en effet représente le réel mais l’interprète en créant une image à partir de données multiples plus ou moins fiables. La représentation du monde évolue sans cesse. Les technologies actuelles la rendent extrêmement précise, nous faisant voir le monde autrement. Il n’en reste pas moins que cette mise à plat est un artifice et que dès leur naissance les cartes témoignent pour ce faire d’un souci artistique qui s’ajoute à leur fonction de repérage.

Les artistes contemporains se montrent eux-aussi captivés par la carte du monde qu’ils sont nombreux à réinventer et à transformer. Ils en éprouvent tous les potentiels, non seulement géographiques mais aussi politiques, poétiques ou utopiques. La carte est à la fois une forme plus ou moins obligée à partir de laquelle toutes sortes de dérives graphiques sont possibles, mais aussi le prétexte à une réflexion sur l’état du monde, ou encore le lieu de projections imaginaires. Elle est illusion et réalité tout à la fois. Elle réinterprète une vérité et la transforme.  C’est sans doute ce qui explique que tant d’artistes l’aient privilégiée en mettant ainsi, chacun à leur manière, le monde à plat.

Mappa mundi témoignait de l’intérêt récent des artistes pour un Mapping revu selon leurs propres recherches esthétiques. Certains ont développé de nombreuses œuvres sur cette thématique, comme Marcel Broodthaers ou Mona Hatoum, là où d’autres ont rencontré ponctuellement la carte du monde au fil de leurs recherches quitte à en réaliser des ensembles conséquents. Tel est le cas d’Alighiero Boetti, avec ses Mappa ou de Wim Delvoye qui réalisa pour l’exposition une installation inédite. Ce ne sont là que quelques-unes des figures célèbres ou moins connues que l’exposition rassemblait autour d’une thématique riche de significations, la carte étant pour les artistes prétexte à toutes sortes de commentaires sur la société contemporaine, les rapports de pouvoir, l’écologie, les conflits, etc.

« Propices aux rêveries buissonnières,
les cartes géographiques traduisent le monde en images.
(Mappa mundi) révèle leur fascinant potentiel plastique. »

Le Vif L’Express, 12 mars 2020
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