La Fondation Boghossian – Villa Empain est exceptionnellement fermée le jeudi 20 juin. Nous vous remercions de votre compréhension et nous réjouissons de vous accueillir dès le vendredi 21 juin et jusqu’au 8 septembre pour la visite de l’exposition Josef et Anni Albers.

« Quelque part, au-delà du bien et du mal, il y a un jardin. Je t’y rejoindrai. »

Djalâl ad-Dîn Muhammad Rûmî

« Le jardin traditionnel des Persans était un espace sacré qui devait réunir à l’intérieur de son rectangle quatre parties représentant les quatre parties du monde, avec un espace plus sacré encore que les autres qui était comme l’ombilic, le nombril du monde en son milieu, (c’est là qu’étaient la vasque et le jet d’eau) ; et toute la végétation du jardin devait se répartir dans cet espace, dans cette sorte de microcosme. Quant aux tapis, ils étaient, à l’origine, des reproductions des jardins. Le jardin, c’est un tapis où le monde tout entier vient accomplir sa perfection symbolique, et le tapis, c’est une sorte de jardin mobile à travers l’espace. Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis, c’est la totalité du monde. »

Michel Foucault

 

Le tapis volant a été pendant longtemps un moyen symbolique de parcourir le monde.

Dans la mythologie perse, le Roi Salomon possédait un tapis volant. La Reine de Saba, qu’on disait magicienne, lui aurait offert ce présent fabuleux. On raconte même que le roi pouvait y transporter son palais tout entier…

Le tapis volant évoqué dans les contes, a été popularisé par Les Mille et Une Nuits, il est aussi représenté dans bon nombre de films fantastiques.

Certains scientifiques se sont penchés sur cet objet légendaire, y voyant une réplique aérienne de la manière dont se déplace la raie manta dans l’eau. Des physiciens se seraient même lancés dans des recherches pour faire voler un tapis !…

Mais le tapis volant évoque aussi ce rêve ancestral, celui de voler comme un oiseau. Après Icare, le premier à s’être lancé dans les airs, Léonard de Vinci s’est pris au jeu de concevoir des objets volants très ingénieux.

Plus tard, les soucoupes volantes ont hanté l’imaginaire moderne, bien au-delà de toutes les performances techniques qui ont réellement permis de voyager dans les airs ou d’y lancer une grande diversité de machines volantes.

Actuellement, ce sont les drones qui occupent les esprits : objets volants télécommandés, les drones ouvrent un champ illimité de possibilités. De l’observation au contrôle, du transport d’objets à celui des armes, rien ne semble pouvoir échapper aux promesses de leurs performances. Pour le meilleur et pour le pire…

L’exposition Le Paradis et l’Enfer abordait le thème des machines et tapis volants selon différents angles : la symbolique des tapis anciens et celle de la géométrie des jardins qui l’a inspirée, le rêve ancestral de voler et les objets volants imaginaires, le monde vu du ciel, l’occupation de l’espace par les satellites, le développement planétaire des drones et ses conséquences.

Cacher Afficher toutes les images