La Fondation Boghossian – Villa Empain est exceptionnellement fermée le jeudi 20 juin. Nous vous remercions de votre compréhension et nous réjouissons de vous accueillir dès le vendredi 21 juin et jusqu’au 8 septembre pour la visite de l’exposition Josef et Anni Albers.

De la Méditerranée à la Chine, ce voyage imaginaire évoquait l’indigo des textiles, les céramiques bleues de l’Empire ottoman et de l’Asie centrale, les bijoux en lapis-lazuli et en turquoise, pour atteindre le fameux bleu de Chine.

L’exposition invitait donc à un itinéraire à travers le temps et l’espace, les cultures et les arts déclinés sous toutes leurs formes d’expression.

Plus d’une quarantaine de créateurs modernes et contemporains avaient également été sollicités pour cette exposition qui a été proposée au public du Musée de Limoges.

Alors que dans l’Antiquité grecque et romaine, le bleu était considéré comme une couleur « barbare », l’Orient l’utilisait déjà dans les arts et la vie quotidienne, que ce soit pour les rituels religieux, la teinture des textiles, la décoration des céramiques, du verre ou pour l’ornementation de bijoux précieux.

Appelé anil, l’indigo a donné son nom au Nil, le « fleuve bleu » d’Egypte où le bleu portait bonheur dans l’au-delà. La turquoise était dédiée à Hathor, déesse de la maternité et le pectoral du dieu Horus, d’un bleu profond, symbolisait l’oeil capable de guérir, comme le soleil.

Pour les Perses, le monde reposait sur un saphir donnant au ciel son éclat, tandis que la Chine ancienne accordait au bleu les vertus médicinales de la plante indigo et l’utilisait dans la fabrication de papiers, de vêtements et de porcelaines. Les Tibétains, eux, conservaient précieusement les turquoises comme trésors protecteurs des eaux et des sources.

Si l’Orient a depuis longtemps vénéré les vertus du bleu, curieusement, ce n’est qu’à partir du XIIe siècle que l’Europe a progressivement valorisé cette couleur qui, jusqu’alors, n’était désignée que par un vocabulaire très pauvre.

Mais depuis l’époque moderne, le bleu s’est imposé en Occident, jusqu’à devenir, avant le vert et le rouge, la préférée de tous, symbolisant le rêve, la sagesse et la sérénité. Désormais, le bleu est omniprésent autour de nous : associée à la pureté de l’eau, à l’infinité du ciel et de la mer, à l’aura divine ou royale, aux vêtements de travail et aux jeans de toutes générations, aux oeuvres des artistes impressionnistes et fauves jusqu’à celles de Matisse et d’Yves Klein, cette couleur s’est parée de nombreux attributs et on ne compte plus les expressions qui donnent signification à ses mille nuances.

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